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Ca avait failli être calme… ft. Amelia Barnes

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MessageSujet: Ca avait failli être calme… ft. Amelia Barnes Dim 21 Fév - 16:36

« Inquiète, les yeux aigus comme des flèches,
Elle ondule, épiant l'ombre des rameaux lourds.
Quelques taches de sang, éparses, toutes fraîches,
Mouillent sa robe de velours. »

La panthère noire - Leconte De Lisle

Ca avait failli être calme…



Il est très tôt ce matin quand j’arrive à la salle des cartes. Le Bloc se lève à peine, alors que je suis du regard les coureurs qui récupèrent leurs provisions préparées par le cuistot. Ils rangent tout ça dans leur sac avec les quelques armes dont ils sont les seuls à avoir le droit de toucher, et s’en vont en petites foulées. Devant eux les géants de béton se dressent sous leur couche de lierre et dans leur ponctualité habituelle, les deux murs s’ouvrent. C’est toujours amusant de voir que les coureurs, les plus respectés d’entre nous, ne paraissent que des insectes, face à cette masse immense qui se déplace tranquillement dans un vacarme résonnant tout autour de nous. C’est généralement le réveil des derniers dormeurs, ceux qui sont dans la ferme pour la nuit.

J’aperçois Amelia qui dicte ses ordres aux autres en montrant des directions et j’imagine déjà les commentaires placés entre les instructions. Avec elle, il fallait enlever la moitié de ses paroles pour ne garder que l’essentiel. Mais dans le fond elle avait du potentiel, et on ne pouvait pas jouer les fines bouches sous prétexte qu’elle ne semblait pas sérieuse à première vue. Je ne regrette pas de l’avoir nommé maton, c’est tout de même celle qui fait le moins dans son pantalon à l’idée de se retrouver nez à nez avec un griffeur.

Je regarde donc le petit groupe disparaître dans le dédale de béton et je tourne les talons pour descendre dans la salle des cartes. L’endroit sombre et frais finit toujours de me réveiller comme il faut. J’appuie sur l’interrupteur et j’entends le néon vriller comme à chaque fois qu’on le réveille, puis la lumière le parcourt enfin pour inonder la pièce d’un éclairage blanc et froid. Je considère ensuite la pièce et regarde les bouts de papiers déjà accrochés un peu partout sur les murs. Je sais qu’à chaque fois je fais ça dans l’espoir qu’une illumination soudaine se fasse en moi mais la révélation ne vient jamais. Que dalle, encore une fois. Je rage. Est-ce qu’un jour on trouvera une solution à ce bordel sans nom ? Ou est-ce que les coureurs devront se trainer éternellement entre ces murs qui ont la bougeotte, pour ramener le soir des gribouillis aux cartographes ? Et à leur tour dessiner encore et encore, noircir des bouts de papiers qui finiront accrochés pour faire la tapisserie ou dans les coffres qui meublent la pièce. Saleté de labyrinthe. Saleté de créateurs qui se marrent dans leur fauteuil là-bas à nous regarder dans notre merde quotidienne. Vous voulez du pop corn aussi, tas d’idiots ?

Du pop corn, j’en ai oublié le goût de cette merveille. Je sais juste que c’est foutrement bon et que je rêve d’en remanger. Même à Noël on n’en a pas… Bouge-toi, Jo… J’éteins, le néon obéit immédiatement là par contre. Feignant aussi utile qu’un torcheur, toujours pressé d’aller roupiller mais le matin y a moins de monde pour se mettre au boulot… Quand je remonte les escaliers, le soleil me surprend et me crame les yeux. Il y a deux minutes cet idiot n’était pas là mais lui par contre, il émerge vite. Je claque la porte derrière moi et traverse une partie du bloc en jetant un œil autour de moi. Normalement, les blocards se mettent au boulot et ne font pas d’histoire alors je n’ai pas grand-chose à superviser, mais on ne sait jamais. Les sarcleurs, les torcheurs et le cuistot, tout est okay. Je les salue d’un signe de tête quand je les vois et je montre voir les medjacs. Un jeune était allongé et j’interroge celui qui s’en occupe. « Il s’est blessé chez les trancheurs. » Je hoche la tête, ce sera bientôt guérit et il fera plus attention la prochaine fois. Moi je ne me mêle pas de cette partie du bloc, l’odeur et l’idée des animaux morts, ça me retourne l’estomac. Autant dormir dans le labyrinthe avec une horde de griffeurs, c’est au moins plus amusant.

Quand je ressors je vois qu’il y a encore beaucoup de plantations qui n’ont pas été entretenu. C’est normal on a peu de sarcleurs en réalité. Alors je vais les aider, comme je le fais assez régulièrement. La terre est déjà tiède sous le soleil matinal et je vais chercher de l’eau. Je me presse, il y a encore les tomates qui m’attendent et elles seront bientôt top mûres, ce serait du gâchis. Ca me prend presque une heure avant de les amener au cuistot et je travaille avec les autres sarcleurs jusqu’à l’heure de midi environ. C’est rare qu’on voit le temps passer dans ces moments là et c’est seulement quand on nous appelle pour manger, ou que notre ventre se manifeste, qu’on sait quelle heure il est.

Les tables se remplissent rapidement de monde et d’assiettes quand je rejoins le cuistot. Nous on aime bien manger dans la cuisine à l’ombre. Il me raconte souvent ce qu’il se passe, les jeunes qui viennent lui réclamer à manger n’importe quand ou les sarcleurs qui des fois, lui ramènent des légumes pourris. Il les engueule, leur dit que c’est du gâchis. Il a raison, mais y en a toujours un pour faire ce genre de connerie. Généralement quand il se passe ça, et heureusement ce n’est pas tous les jours, celui qui est concerné est sûr de me voir débarquer après manger pour lui coller un après-midi au gnouf. Mais personne ne dit rien sur ce que peut balancer le cuistot parce qu’ile st trop précieux. La bouffe, ça fait tourner les têtes de pas mal de monde. En même temps c’est à peu près le seul moment agréable de la journée. C’était moins évident pour les coffreurs en revanche. Eux ils entendaient souvent des plaintes, mais pas trop quand même parce qu’ils n’étaient pas réputés pour être les plus aimables.

Bref, peu de choses aujourd’hui du côté du cuistot. Tant mieux, je n’aurais pas à la ramener. Et même que le repas n’était pas si mauvais que ça aujourd’hui. C’est ce qu’on pouvait considérer au Bloc, comme une bonne journée. Mais soudain j’entends la voix d’un des gamins dans la cuisine. Merde, le cuistot va gueuler. Sauf que non. Donc bonne nouvelle pour lui. Mais mauvaise pour moi…

- Johana, y a un coureur qui est rentré plus tôt là-bas, dit-il en me montrant l’entrée du Bloc. Y a un problème je crois.

Je lâche un juron tout bas pour ne pas qu’il entende et je pose ma fourchette.

- Merci, va te rassoir je m’en occupe.

Les têtes se redressent et me regarde avec un air interrogateur. Mon second me rejoint, je lui demande de les calmer et qu’ils continuent à manger. Une fois éloignée d’eux, je me mets à trottiner et je distingue Amelia, qui a l’air essoufflée. Merde, pas de mort j’espère, on n’a pas besoin de ça. Je la rejoins plus vite.

- Qu’est ce qu’il se passe, Amelia ? Ca retourne ces tocards que tu débarques à une heure pareille.


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MessageSujet: Re: Ca avait failli être calme… ft. Amelia Barnes Lun 22 Fév - 17:18

Ça avait failli être calme…
Il faisait encore nuit quand Amélia quitta la chaleur de sa couverture. Depuis longtemps s'en était fini des grasse matinée pour la coureuse et elle préférait se lever au moment où le sommeil la quittait, plutôt que de larver un moment et ne plus vouloir bouger après. Au moins, en réagissant immédiatement, les traces de sa nuit passée disparaissait plus rapidement et elle se sentait plus apte à se préparer pour sa journée. Comme chaque jour depuis qu'elle l'était, la brune allait encore passer les prochaines heures à courir en long, en large et en travers dans le labyrinthe, mémorisant et notant un maximum de détail pour les cartographe. Même si c'était une activité qui se répétait, la jeune femme ne s'ennuyait jamais à le faire et au contraire, à chaque fois elle cherchait le petit plus qui lui permettrait de percer un énième mystère de ces fichus murs à pattes. S'ils arrêtaient de bouger la nuit, cela pourrait lui faciliter le travail, mais ça enlèverait aussi le côté amusant et là elle trouverait ses journées à mourir.

Commençant à ranger ses affaires pour ensuite aller s'échauffer dans un coin tranquille, la coureuse profitait que les autres dormaient encore pour planifier son organisation. On avait beau dire qu'elle ne prenait rien au sérieux ou qu'au contraire, elle paraissait trop sévère — comme quoi il ne faut jamais se fier à l'apparence avec elle — Amélia était des plus sérieuse quand elle franchissait les murs. Elle pouvait se permettre des blagues puériles ou stupide dans le bloc, mais pas entre les murs où le dangers pouvaient être partout. C'est pourquoi elle préparait toujours minutieusement la répartition des rôles lors des expéditions, voulant s'assurer que tout se passerait comme prévu. Elle n'était pas matons juste pour donner des ordres à la pelle après tout.

Voyant les autres coureurs la rejoindre à l'entrée alors que les portes s'ouvriraient sous peu, elle partit chercher dans la réserve ce dont ils auront besoin pour vérifier une dernière fois leur matériel. Pas question de revenir avant la fin de la journée, excepté si une urgence l'obligeai. La brune détestait perdre du temps et revenir parce qu'il manquait ceci ou cela pourrait vite la mettre à cran. Enchaînant sur les directives qu'elle annonçait à chacun, elle se refit mentalement sa « to do list » pour s'assurer qu'elle n'avait rien oublié. Cela aurait été le comble de prôner l'organisation en demandant à ce que tout soit prêt et qu'elle-même oublie ce qui est important. De toute façon la coureuse n'était pas encore pressée par le temps, le sol venant à peine de s'ébranler, indiquant que les portes s'ouvrait. À ce qu'elle aimerait pouvoir escalader les parois pour se tenir en haut des murs et observer ce qu'il se passait la nuit. Mais encore fallait-il pouvoir y arriver et fallait-il aussi qu'une certaine leader accepte. D'ailleurs, ce fut une chose qu'elle rajouta dans ses consignes. Celui qui trouvait un moyen de finir là-haut, l'appelait immédiatement. C'était une idée totalement irréfléchie, mais Amélia assurait qu'un jour, lorsqu'elle trouvera le moyen de grimper jusqu'en haut, elle le ferait. Oh, elle avait déjà essayé d'escalader les fougères qui grimpaient sur les bloc de béton, mais ses fesses se souvenaient encore du choc quand elle s'était ratée et avait décidé de dire quel gout avait le sol. Stoppant le flux de connerie qui se déversait dans son crâne, la jeune femme endossa son sac et se prépara. Les portes étaient ouvertes et il était temps d'y aller.

Courir n'avait jamais vraiment dérangé la brune. Elle s'entraînait tous les jours et, au contraire, elle aimait le faire. Lorsqu'elle parcourait le fameux labyrinthe, elle pouvait échapper à l'ambiance du bloc qui, même si elle était joyeuse, était tout de même quelque peu oppressante pour elle. Amélia n'arrivait pas à oublier ces quatre murs qui les enfermaient et c'était pour ça qu'elle avait voulu être coureuse. Savoir qu'elle échappait à cette prison tous les jours l'aidaient à tenir. Arrivant au niveau de la section qu'elle s'était attribuée, elle sortit un calepin de sa poche pour commencer à prendre des notes et à dessiner quelques traits pour illustrer ses propos. En plus de noter la trajectoire qu'elle prenait, la brune notait aussi ses impressions et s'amusait à représenter ce qu'elle pouvait voir. C'était bien beau d'avoir des plans, mais un visuel pouvait toujours aider. Ce n'était que de rapides croquis qu'elle faisait, mais elle savait que le soir elle prendrait le temps de les refaire au propre pour permettre de rajouter de la matière dans la documentation des cartographes. Mais bon, elle avait beau faire cela, son rêve ne s'était toujours pas réalisé. Maintenant qu'elle pouvait se promener où elle souhaitait dans ce fichu dédale sans fin, la jeune femme devait de finir nez à nez avec l'une des créatures qui l'habitait pour voir exactement à quoi ça ressemblait. Bon, bien entendu elle ne voulait pas en rencontrer une vivante et active, mais si au moins elle pouvait en approcher une morte ou dans un autre état de conscience non active, elle en serait juste ravie. Amélie serait même capable de se démerder pour la ramener au bloc.

Tout en se forçant à reprendre un peu de sérieux dans ses pensées, la coureuse passa toute la matinée à faire son boulot de coureur, avant de rejoindre les autres à un point défini pour la pause déjeuner. Il est vrai que chacun pourrait manger dans son coin, mais n'étant pas nombreux, Amélia préférait qu'ils soient tous réunis à midi pour discuter de ce qu'ils avaient vu. En fonction de ce pseudo rapport, elle pourrait changer les plans pour l'après-midi, même si ce n'était pas encore vraiment arrivé. Et puis ça permettait aussi d'avoir un peu de convivialité dans ce décors terne. Il n'y avait pas que les tocards du bloc qui avait le droit d'être ensemble pour se remplir l'estomac.

Cependant, aujourd'hui n'allait pas vraiment permettre à la brunette de déjeuner en paix. Alors qu'elle était la dernière à rejoindre les coureurs, pour s'assurer qu'ils soient tous là, elle vit immédiatement qu'il en manquait un. Amélia ne pouvait pas se vanter de tous les connaître parfaitement bien, et il lui arrivait même de parfois confondre les noms, mais elle savait les compter rapidement et savait parfaitement s'il y en avait un qui manquait à l'appel. Décidant de ne pas s'affoler immédiatement, elle demanda à chacun si l'un d'eux avait vu monsieur-je-suis-absent-pour-déjeuner, mais face à la réponse négative de chaque, elle décida de sauter son casse croute, de laisser son sac aux autres et d'aller elle-même voir dans la section qui lui était attribuée s'il y était encore, et elle le fit au pas de course. Elle pouvait parfaitement comprendre qu'en étant absorbée dans le travail, il ai loupé l'heure, mais Amélia se devait de s'assurer qu'il n'avait rien.

Parcourir la fameuse section pour chercher le coureur ne prit pas excessivement de temps à la brune. Elle avait déjà eu un coup comme ça, et ce jour-là il s'était juste avéré que le coureur s'était perdu, mais cette fois-ci, nada. Prenant les choses en mains, elle fit demi-tour pour rejoindre le groupe, leur annonça qu'elle rentrait illico au bloc et qu'ils devaient continuer ce qui était prévu, avant de foncer vers l'entrée pour trouver Johana immédiatement. Il y avait beaucoup de sujet qu'Amélia pouvait prendre à la légère, mais pas les disparitions. La survie des blocards étaient importants et elle avait la responsabilité de s'occuper de ceux qui la suivaient dans le labyrinthe. Alors, refusant de ralentir pour prendre son souffle, elle fila vers les portes et avant même de pouvoir demander à quelqu'un où était la leader, elle vit Johana arriver. Il est vrai que le retour d'un coureur à cette heure-là était plutôt rare. Reprenant rapidement son souffle pendant que Johana la rejoignait, la miss eut un petit rire ironique en apprenant la réaction des tocards.

« Désolé, je t’aurais bien dit qu’on faisait grève aujourd’hui, mais on a un problème. On a perdu Houston. »

Bon, en vrai le tocards ne s’appelait pas Houston, mais quand Amélia ne se souvenait pas des noms des nouveaux coureurs, elle leur improvisait un surnom pendant leur début, et elle se débrouillait ainsi. Et c’était bien un nouveau qui avait disparu, nouveau qu’elle appelait ainsi depuis plusieurs jours déjà.

« Il ne s’est pas perdu comme l’autre tocard, j’ai fouillé sa section. Les autres non plus ne l’ont pas vu. »

Même si elle s'inquiétait tout de même pour le type, la brune fulminait aussi. Si elle ne retrouvait pas le gosse avant la nuit, elle sera obligée de le laisser dans le labyrinthe lorsque les portes se refermeront et ça ne lui plaisait pas. Abandonner derrière n'était pas son style et elle était certaine que Jo' la laisserait faire. C'était une règle d'or ici : seuls les coureurs peuvent aller dans le labyrinthe, mais tout le monde rentre avant la fermeture des portes. Et, même si la jeune femme avait déjà bravé l'une des règle en sortant peu après son arrivée, elle n'avait jamais eu le courage de braver la deuxième. Elle n'était pas suicidaire non plus.

« Qu’est-ce qu’on fait ? On fouille le labyrinthe de fond en comble par groupe de deux et tu viens ? Ou on trouve une autre solution ? »

Il était clair qu’il allait falloir le chercher, et pour cela Amélia pourrait mettre les autres coureurs sur le coup. Cependant, au vue de ce qui s’était passé, elle allait le faire par binôme car il était hors de question de perdre une autre personne.
© Nalex
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MessageSujet: Re: Ca avait failli être calme… ft. Amelia Barnes Dim 3 Avr - 15:07

« Inquiète, les yeux aigus comme des flèches,
Elle ondule, épiant l'ombre des rameaux lourds.
Quelques taches de sang, éparses, toutes fraîches,
Mouillent sa robe de velours. »

La panthère noire - Leconte De Lisle

Ca avait failli être calme…



- Désolé, je t’aurais bien dit qu’on faisait grève aujourd’hui, mais on a un problème. On a perdu Houston.

Je soupire et ignore l’humour toujours déplacé du maton. Je sais très bien que personne ne s’appelle comme ça au Bloc mais ça fait marrer Amelia de la ramener tout le temps. Moi j’ai l’habitude alors je m’en fiche. Je ferme les yeux pendant deux secondes et réfléchis. Avec un tel surnom, c’était un nouveau. Rah, comment elle pouvait oublier les noms ? Des foutus coureurs, on n’en avait pas tous les quatre matins quand même…

Un nouveau qui se perdait, ce n’était pas cool pour sa crédibilité au niveau des autres tocards. Je suis déjà sûre des réflexions qu’il se prendra s’il a la chance de rentrer en vie. Et ce sera encore à moi de gérer les autres en leur promettant un arrangement. Pourvu que je n’ai pas à le mettre aux cartes ou pire, j’étais bien contente d’avoir un coureur de plus quand même… Il y avait beaucoup trop de torcheurs.

- Il ne s’est pas perdu comme l’autre tocard, j’ai fouillé sa section. Les autres non plus ne l’ont pas vu.

Je relève la tête, surprise. Quoi ? Merde, il ne manque plus que ça. Je sens déjà que je vais l’assassiner moi-même si les griffeurs ne l’ont pas fait. D’ailleurs il valait mieux, parce que ça voudrait dire qu’ils ne sont pas sortis de jour encore une fois. Je me tourne enfin vers les blocards qui semblent pendu à ma bouche, les yeux avides de réponse. Mon second me rejoint et m’interroge du regard. Il vient quérir des nouvelles pour les yeux de merlans fris attablés. Je hausse les épaules en guise de réponse. Deux secondes les gars, il faut que je réfléchisse. Soit cet idiot à décidé de se balader ou de se paumer ailleurs, soit il a disparu comme par magie. La première option paraît plus crédible, mais après on ne sait jamais ce qu’il se passe entre ces murs. J’aimerai être scaralame des fois, vraiment.

-Dis leur de ne pas perdre de temps, qu’ils finissent de manger pour se remettre au travail. Je pars avec Amelia, remplace moi aux cartes si les coureurs sont rentrés avant nous tout à l’heure.

Je ne lui demande pas d’accompagner le maton. Je sais très bien qu’il déteste ça, et ça, depuis que je suis arrivée au Bloc. C’était moi qui lui avait forcé la main pour qu’on passe ces portes le jour, il avait souvent accepté de m’accompagner au début alors je ne lui parle plus de ça maintenant. Je comprends qu’on n’aime pas trop. Moi je m’en fiche, j’arrive très bien à considérer que je n’ai rien à perdre, même si je dois rester en vie pour les autres. Après c’est aussi parce que je suis curieuse de sortir et de découvrir l’origine de tout ça. Et pour rien au monde je ne raterai le plaisir de pouvoir liquider les Créateurs. Je les imagine souvent rongés par leurs scaralames à la noix. C’est plaisant.

Mon second me rappelle de rentrer en vie et avant le soir. Je le rassure. Et si le coureur est fautif il passera deux jours au gnouf, histoire de lui rappeler les règles. J’étais quand même en colère, en plus d’être inquiète. Il repart vers les blocards qui n’ont toujours pas recommencé de manger et je le suis des yeux jusqu’à ce qu’il leur parle. Ils ne disent rien et acquiescent avant de se dépêcher de terminer. Je me retourne vers Amelia.

- On va chercher ce bon à rien, on parcourt les sections rapidement par le chemin le plus court et on interroge les autres coureurs de nouveau. On n’aura pas le temps de fouiller de fond en comble et franchement, c’est nos vies contre la sienne, c’est horrible mais c’est vite choisi.

Je soupire, et me tourne vers les autres qui n’osent pas vraiment me regarder. Je hoche la tête à ceux qui le font tout de même, pour les rassurer un peu. Je passe discrètement ma main sur le petit couteau que je cache sous mon t-shirt. On interdit aux autres d’avoir des armes, seuls les matons et les coureurs en ont, celles qu’on cache dans un coffre de la salle des cartes. Une seconde, le temps que je me prépare mentalement à un long footing et je fais un signe de tête à Amelia pour qu’elle me suive.

C’est partit. Je franchis les portes rétractée pendant la journée en regardant les immenses murs qui se dressent autour de nous. Nous quittons le Bloc, et le Labyrinthe nous engloutit. Les premières centaines de mètres se font en silence. L’endroit est comme d’habitude, rien n’a changé depuis la dernière fois que j’y suis allée.

- C’était quoi sa section aujourd’hui ? je demande. On va trouver les coureurs des autres sections si tu as déjà vérifié la sienne. Putain, j’espère que ce n’est pas encore la faute d’un Griffeur. Qu’est ce qui pourrait le faire fuir de sa ronde sinon ?

C’est vrai, quoi d’autre ? Une nouveauté quelconque ou le dernier délire des Créateurs ? Non aucune de ces options n’étaient les bienvenues. Je regarde le lierre épais qui couvre les murs en béton, pensive. Ma concentration va sur ma respiration, régulière et rythmée. Ca va, je m’attendais à avoir perdu la cadence mais non enfaite. On continue comme ça encore un peu. Jusqu’à une intersection. Là, à mes pieds les branches de lierre épaisses gisent, déchirées. Je relève la tête automatiquement. Ce mur là est plein de griffures et le pant de lierre est en partie arraché. Je regarde Amelia. On sait toute les deux que l’épaisseur de la plante est quasiment indestructible pour n’importe qui. Sauf pour un Griffeur.

- Merde. Ca n’y était pas dans le rapport d’hier ça, et les Griffeurs ne font pas ça quand ils n’ont rien à attaquer. C’est frais de ce matin.


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